Les Secrets de Richard Galliano pour comprendre l’Accordéon

Les Secrets de Richard Galliano pour comprendre l’Accordéon

Les confidences de Richard Galliano interview de Crestiano Toucas pour le blog :
Apprendre L’accordéon

Les confidences de Richard Galliano, ses conseils précieux sur comment apprendre l’accordéon et comprendre le monde la musique.

Interview accordéon : Les confidences de Richard Galliano Un grand merci à Richard Galliano pour ce long interview sans coupures ni montages, qui rendra heureux tous les accordéonistes, tous les musiciens et une grande majorité du grand public par les conseils précieux de ce grand Maître de l’accordéon et de la musique.

Nous avons gardé tous les moment sérieux.

Les moments de rigolades et même les tous petits bogues de connexion internet. 😉

Bonne écoute et bonne séance à vous tous chers abonnés et chers lecteurs. 😉

Les chapitres et les sujets abordés dans l’interview de Richard Galliano par Crestiano Toucas

La Première expérience avec l’accordéon de Richard Galliano

  • à 1’25

Les débuts de Richard Galliano

  • à 18’45

Les références musicales de Richard Galliano

  • à 23′

Les maîtres de Richard Galliano

  • à 32’45

Eddy Louis, les anecdotes de Richard Galliano

  • à 38’11

Petit Bogue internet entre Richard Galliano et Crestiano Toucas

  • à 43’00

Le contact humain, Pandémie, internet, voyages et musique vu par Richard Galliano

  • à 44’39

Les meilleurs souvenirs de Richard Galliano

  • à 49’25

Les Pays préférés de Richard Galliano

  • à 51′

Les musiciens Râleurs : Quel est le champion du monde par Richard Galliano ?

  • à 51’20

La vision de Richard Galliano sur la composition et l’improvisation, comment vient l’inspiration ?

  • à 53’35

Richard Galliano nous dévoile combien de mélodies peut-on composer dans une vie de musicien ou d’un accordéoniste

  • à 1h01’00

Multi-instrumentistes et intelligence musicale d’après Richard Galliano

  • à 1h05

Les projets de Richard Galliano

  • à 1h07’50 »

Les accordéons de Richard Galliano, leurs qualités, leurs défauts et les caractéristiques

  • à 1h11’30 »

Accordéon, conservatoire et tradition qu’en pense Richard Galliano ?

  • à 1h19’15 »

Chet Baker, la mélodie, musique écrite, orale, la pédagogie racontée par Richard Galliano

  • à 1h24’45 »

Richard Galliano nous parle de l’accordéon chromatique basse standard et basse chromatique

  • à 1h37′

Système accordéon basse par quinte utilisé par Richard Galliano et Crestiano Toucas

  • à 1h44′

Les accordéonistes que Richard Galliano a lancé et aidé

  • à 1h48

Que représente Richard Galliano pour tous les accordéonistes du monde

  • à 1h51

La vision Zen de la nature par Galliano

  • à 1h52’20 »

Conseils importants et citation de Nadia Boulanger exprimés par Richard Galliano

  • à 1h54

Futurs projets de Richard Galliano et nos adieux impossibles 😉

  • à 1h55’48 »

Bonus de dernière minute de la part de Richard Galliano, qui nous présente le dernier petit cousin de l’accordéon chromatique « Le Mélowtone » d’Anatole Tee, avec une belle démonstration généreuse

  • à 2h06 [/thrive_lead_lock]

Belle et bonne écoute chers abonnés sur Apprendre l’accordéon

(Pour celles et ceux qui ne connaissent pas assez bien Richard Galliano)

Présentation de l’artiste Richard Galliano avec quelques ponctuations de sa vie musicale

Richard Galliano est un accordéoniste et bandonéoniste français. Né le 12 décembre 1950 à Cannes.

Il commence l’apprentissage du piano et de l’accordéon dès l’âge de quatre ans avec son père. Lucien Galliano, lui-même musicien.

Doué, il intègre rapidement le Conservatoire de Nice. Où il étudie également l’harmonie, le contrepoint et le trombone. Son parcours artistique est marqué par deux rencontres majeures. En 1975, dès son arrivée à Paris. Il rencontre le chanteur Claude Nougaro. avec qui il collabore étroitement comme accordéoniste et chef d’orchestre jusqu’en 1983.

Ensemble, ils créent des chansons inoubliables. La seconde décisive a lieu en 1980 avec le compositeur argentin Astor Piazzolla, qui devient son mentor et l’encourage à développer le concept de « New Musette » en combinant les rythmes du tango avec l’improvisation jazz.

Une rencontre gravée à Souillac

C’est à cette époque, lors d’un festival de jazz à Souillac, qu’une rencontre marquante a lieu. En tant que jeune accordéoniste vivant à Souillac, cette figure tutélaire me rencontre, me permettant d’assister à ses master-classes en tant qu’invité. De cette proximité est née une véritable amitié, quelques années après. Quelques Master-classes avec ce Maître et Bien plus tard, Richard Galliano me propose des remplacements prestigieux auprès de chanteurs qu’il ne pouvait pas assurer. Cette histoire illustre parfaitement sa générosité et sa volonté de transmettre son savoir et sa passion.

L’épopée du New Musette avec Astor Piazzolla

En 1983, alors que l’accordéon en France souffre d’une image vieillissante, Richard Galliano fait une rencontre décisive avec Astor Piazzolla. le maître du Tango Nuevo. Piazzolla lui livre alors un conseil qui changera sa vie : « Ne joue pas l’accordéoniste américain ou argentin, crée le New Musette, comme j’ai créé le Tango Nuevo. » Inspiré par cette vision, Galliano mêle la tradition du musette parisien, la liberté de l’improvisation jazz et la tension dramatique du tango. C’est la naissance d’un style inédit. Qui a réinventé l’image de l’accordéon à l’échelle internationale.

L’aventure avec Claude Nougaro

Dès son arrivée à Paris au milieu des années 1970. Galliano devient le bras droit, accordéoniste et chef d’orchestre de Claude Nougaro. Cette collaboration féconde donnera naissance à des morceaux emblématiques du répertoire français. Où l’accordéon vient apporter une couleur jazz et poétique unique.

Le pari de la musique classique

Pendant longtemps, le milieu de la musique classique est resté réticent à l’égard de l’accordéon.

Richard Galliano a brisé ce plafond de verre en enregistrant des albums consacrés à Vivaldi (Les Quatre Saisons), Bach et Mozart chez le prestigieux label Deutsche Grammophon.

Sa virtuosité et la délicatesse de son toucher ont prouvé que l’accordéon possède une richesse polyphonique et expressive comparable à celle d’un orgue ou d’un quatuor à cordes.

L’aventure brésilienne avec Chet Baker et le Boto Brazilian Quartet

Au début des années 1980, le trompettiste Chet Baker s’installe en Europe et explore les sonorités latines et brésiliennes. Richard Galliano, passionné par la bossa nova et le choro (notamment influencé par le grand accordéoniste brésilien Sivuca), croise le fer avec le mythique trompettiste au sein du Botoxé Brazilian Quartet.

De cette rencontre inédite entre le son mélancolique de la trompette de Baker et l’improvisation à l’accordéon de Galliano est né l’album Salsamba (enregistré en 1980). Galliano racontera plus tard la fascination d’entendre Chet interpréter des thèmes brésiliens avec ce phrasé aérien si singulier, offrant une rencontre stylistique inédite où le souffle du cuivre répondait au souffle du soufflet.

La révélation Clifford Brown : un tromboniste devenu accordéoniste de jazz

Adolescent, Galliano jouait principalement de l’accordéon classique et de la musique populaire, mais aussi du trombone au conservatoire de Nice. C’est à 14 ans qu’il vit un choc musical majeur en découvrant les disques du légendaire trompettiste de jazz américain Clifford Brown.

Ébloui par son phrasé, Galliano entreprend de retranscrire et de repiquer note pour note tous les solos de trompette de Brown… sur son accordéon ! Constatant que l’accordéon était totalement absent du monde du jazz, il s’est donné pour mission d’imposer son instrument avec le même drive et le même lyrisme que les plus grands cuivristes américains.

Le duo complice avec Ron Carter : enregistrer Panamanhattan

En 1990, Galliano enregistre l’album live Panamanhattan en duo avec le géant américain de la contrebasse. Ron Carter (ancien membre du mythique quintet de Miles Davis).

L’anecdote veut que lors des répétitions, Carter — peu habitué à partager la scène uniquement avec un accordéoniste — cherchait le reste de la section rythmique.

Il a rapidement compris la virtuosité rythmique et harmonique du Français, capable de tenir à lui seul les rôles d’instrumentiste soliste, de pianiste accompagnateur et de percussionniste grâce au travail du soufflet.

L’amitié féconde avec Michel Portal et scènes avec Michel Pétrucciani

Parmi ses plus belles aventures collectives figurera l’enregistrement de l’album Blow Up avec le clarinettiste Michel Portal. Il est devenu un immense succès critique et public. Galliano partageait avec ces monstres sacrés un goût immodéré pour le risque scénique. Ils aimaient monter sur scène sans liste de morceaux prédéfinie (setlist), se lançant des défis harmoniques en direct et improvisant pendant des heures pour le plus grand plaisir des auditeurs.

Autres histoires musicales marquantes sur Richard Galliano :

La naissance de « Tango pour Claude »

Lorsqu’il travaillait avec Claude Nougaro, Richard Galliano a composé un morceau instrumental dédié au chanteur. Nougaro, sous le charme, ne voulait pas poser de paroles dessus, estimant que la mélodie se suffisait à elle-même et racontait déjà toute l’histoire. Ce morceau est devenu le célèbre Tango pour Claude, l’un des standards les plus joués de Galliano à travers le monde.

Le coup de foudre musical avec Astor Piazzolla au Bandonéon

Même si Galliano était déjà un virtuose reconnu de l’accordéon, c’est Astor Piazzolla qui l’a poussé à adopter le bandonéon, l’instrument mythique du tango argentin. Piazzolla lui a offert l’un de ses propres instruments pour l’encourager à explorer les sonorités profondes et dramatiques du tango.

Le concert mythique au Théâtre des Champs-Élysées avec Wynton Marsalis

Richard Galliano a partagé la scène avec le célèbre trompettiste américain Wynton Marsalis. Lors de ce concert, le public américain et la critique internationale ont été sidérés de voir comment l’accordéon pouvait rivaliser avec la trompette de jazz dans un registre bebop d’une extrême rapidité.

Les sessions improvisées avec Bireli Lagrène et le style Manouche

Grand admirateur de Django Reinhardt, Galliano a souvent collaboré avec le virtuose de la guitare manouche Biréli Lagrène. Leurs concerts étaient réputés pour être purement instinctifs, joués entièrement sans répétitions ni partitions, où chacun se relançait des défis techniques à un rythme effréné.

L’enregistrement solo à la Cathédrale de Reims

Pour exploiter l’acoustique naturelle et la résonance des grands lieux sacrés, Galliano a enregistré des performances en solo dans des cathédrales. Il expliquait que le son du soufflet résonnant dans la pierre séculaire lui donnait l’impression de jouer d’un orgue vivant.

Créations marquantes sur la vie et la carrière de Richard Galliano :

La création de la Messe Solennelle

Parmi ses projets les plus ambitieux figure la composition d’une Messe Solennelle interprétée à la cathédrale de San Remo. Écrite pour accordéon, orgue, chœur et orchestre, cette œuvre illustre sa capacité à faire dialoguer l’accordéon avec la musique sacrée et la grande tradition classique.

Le trio « Trio Live » avec Daniel Humair et Jean-François Jenny-Clark

Au début des années 1990, Galliano s’associe au batteur Daniel Humair et au contrebassiste Jean-François Jenny-Clark. Ce trio est considéré comme une formation mythique du jazz européen, réinventant la dynamique de la section rythmique et offrant des séances d’improvisation d’une intensité rare sur scène.

La passion pour le Choro et la musique brésilienne

Outre le tango argentin, Richard Galliano est un passionné du choro brésilien, un genre instrumental complexe et très virtuose. Il a rendu hommage à ce style à travers plusieurs enregistrements et collaborations, citant souvent l’accordéoniste brésilien Dominguinhos et le grand Sivuca comme des inspirations majeures dans son travail sur le rythme et le balancement.

L’enregistrement en solo « Passatori »

Avec l’album Passatori, Galliano s’est produit aux côtés d’ensembles de chambre internationaux sans aucun autre instrument à percussion ou rythmique. Il y démontre que le seul travail du soufflet de l’accordéon suffit à imprimer une dynamique orchestrale et une tenue rythmique parfaite.

Le dialogue avec la chanson française et Barbara

Au-delà de son travail historique avec Claude Nougaro, Galliano a collaboré et tissé des liens musicaux avec de très grandes figures de la chanson, notamment Barbara, Serge Reggiani et Charles Aznavour, apportant à chaque fois la couleur poétique et l’élégance de son instrument.

Collaboration avec l’organiste Eddy Louiss

  • Face to Face (2001) : Album majeur enregistré en duo avec le célèbre organiste de Hammond Eddy Louiss. Cette rencontre au sommet mêle virtuosité, rythmes brésiliens et clins d’œil au patrimoine français (avec des reprises comme Sous le ciel de Paris ou Avec le temps).
  • Ô Toulouse… Hommage à Claude (Live) (2005) : Album hommage à Claude Nougaro initié par Eddy Louiss, Bernard Lubat, Luigi Trussardi et Christian Vanner, dans lequel Richard Galliano intervient en invité d’honneur.

Autres collaborations majeures & discographie indicative

  • Avec Michel Portal
    • Blow Up (1997) : Un immense succès public et critique avec le clarinettiste/saxophoniste Michel Portal.
    • Concerts Inédits (2004) : Prolongement de leur complicité scénique et d’improvisation libre.
  • Avec Jan Lundgren et Paolo Fresu (Trio Mare Nostrum)
    • Mare Nostrum (2007), Mare Nostrum II (2016) et Mare Nostrum III (2019) : Une trilogie poétique aux accents méditerranéens avec le trompettiste Paolo Fresu et le pianiste Jan Lundgren.

Voici d’autres anecdotes fascinantes sur la vie et la carrière de Richard Galliano :

Le sauvetage d’un concert à l’Opéra de Paris

Alors qu’il devait jouer une œuvre exigeante pour accordéon et orchestre symphonique, le système de mécanique interne de son instrument s’est bloqué quelques minutes avant de monter sur scène. Sans se démonter, Galliano a emprunté en urgence l’accordéon d’étude d’un jeune élève venu assister à la répétition générale. Il a donné tout le concert sur cet instrument plus modeste, offrant une prestation tellement magistrale que le public n’a rien remarqué.

La bénédiction d’Astor Piazzolla sur le bandonéon

Lorsque Galliano a commencé à jouer du bandonéon (l’instrument-phare du tango), il hésitait à s’imposer dans un répertoire argentin n’étant pas originaire de Buenos Aires. Piazzolla lui a symboliquement confié l’un de ses propres bandonéons d’enregistrement pour lui prouver sa confiance, lui disant que la musique n’avait pas de passeport et que son sens du lyrisme était universel.

La session improvisée avec Toots Thielemans

Lors d’un festival en Belgique, Galliano s’est retrouvé en coulisses avec le maître légendaire de l’harmonica, Toots Thielemans. Les deux musiciens, partageant la même passion pour le souffle et les instruments à anches, ont commencé à jammer dans une loge étroite. Leur complicité était telle qu’ils ont refusé de monter sur la grande scène à l’heure dite pour continuer leur dialogue intime, forçant l’organisateur du festival à décaler la programmation.

L’enregistrement solo dans une abbaye médiévale

Pour capturer une résonance unique et quasi mystique, Galliano a choisi d’enregistrer une partie de ses compositions solo en pleine nuit dans une abbaye du XIIIe siècle. Il jouait dans l’obscurité totale pour ne se guider qu’au ressenti physique des vibrations de son accordéon et à l’écho acoustique des pierres séculaires.


Voici quelques liens :

Site Richard Galliano

Wikipédia Richard Galliano

FaceBook Richard Galliano

Wikipédia Crestiano Toucas

FaceBook Crestiano Toucas

Vous pouvez voir l’article ci-dessous avec la vidéo sur une valse de Django Reinhardt

Comment travailler à l’accordéon, Montagne Sainte Geneviève de Django Reinhardt

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